03.12.2008
LA LETTRE
Ta main tremble sans doute et tes paupières frémissent. N’aie aucune crainte, oh mon découvreur, je ne peux plus faire de mal à présent. Cette lettre que tu tiens entre tes doigts humides est mon unique testament. Et puisque tu me lis, c’est donc que je gis à tes pieds. Policier, ou peut être pompier, tu dois être beau, forcément. En tout cas je t’imagine fier dans ton uniforme, fier et courageux. Je te dis « tu », j’espère que cela ne te heurte pas ? Après tout, tu me découvres dans ma plus stricte intimité puisque tu me vois morte. Alors pardonne moi cette familiarité forcée, pardonne moi, toi qui va maintenant tout apprendre de moi. Dans cette ultime confession je vais te raconter mon histoire. Mais installe-toi ! Ne reste pas debout comme ça au milieu du salon ! Prends place sur le petit fauteuil Louis XV, près de la table en merisier. Es tu bien assis ? L’endroit est il suffisamment confortable ? Alors voilà. Il est temps à présent que je te dévoile les raisons qui me font me répandre à tes yeux de la sorte, raide morte, sur ce canapé de velours vieux rose…
Je m’appelle Emilie Fauchet. J’aurais eu 58 ans le 26 avril prochain. Je suis née à Lille de l’union triste et sans amour d’un ouvrier et d’une dactylographe. Mon enfance et mon adolescence n’ont strictement aucun intérêt. Mon certificat d’études en poche, je suis montée à Paris et ai travaillé comme mécanographe pour une manufacture Belge. Je fréquentais à l’époque un jeune homme très gentil, tourneur chez Renault. Bernard. Il s’appelait Bernard et avait les plus beaux yeux bleus qu’il m’ait été donné de contempler. Bernard avait 20 ans et nous devions nous marier en juin. J’habitais dans une pension de famille à Asnières sur Seine et ma vie me semblait douce à cette époque. Tout avait l’air de se passer comme cela devait se passer : Une fois mariés, Bernard et moi devions emménager dans un appartement d’une de ces nouvelles banlieues qui fleurissaient un peu partout à l’époque. Nous aurions rapidement un premier enfant que nous aurions appelé François. Et puis 11 mois plus tard, une petite Sylvie aurait eu une légère fragrance de retour de couches. Elle aurait été belle, Sylvie. Elle aurait eu les yeux de son père…
Mais voilà. Cela c’est produit en mai. Un soir de Mai, un de ces soirs qui donne envie de flâner dans les rues, de profiter de l’air doux qui annonce les chaleurs de l’été et de regarder discrètement les hommes en chemise du quartier latin. Un soir de Mai qui allait bouleverser irrémédiablement le cours de mon existence.
Un grondement sourd d’abord. Comme un orage lointain qui s’annonce. Ensuite un silence de quelques secondes où même les oiseaux cessent de chanter. Une fumée blanche se répand doucement. Et là, je l’entends, la clameur qui monte, confusément, puis se rapproche et explose enfin. Et je les vois, ces hommes et ces femmes hurlants qui passent devant moi en courant. Je reste immobile, tétanisée sur mon trottoir. Je les regarde, emmitouflé dans leurs chandails noués autour de la bouche, je les regarde crier et lancer des pierres et puis repartir en courant pour échapper à un ennemi que je ne distingue pas encore. La fumée se fait de plus en plus opaque et me pique les yeux. Pourtant je ne bouge pas. Je reste sur mon trottoir. J’attends, subjuguée par la beauté tragique de cette violence urbaine qui me frappe. Je ne m’occupe pas de politique mais je sais confusément que quelques manifestations étudiantes font la une de la presse depuis quelques jours. Plonger au cœur de cette actualité me paraît totalement irréel. Et puis à nouveau un silence de plomb. Ma respiration se fait de plus en plus difficile. Je sais qu’il me faut partir, cette guerre n’est pas la mienne et je suis sur ce trottoir par erreur, pourtant je ne bouge pas. La fumée se dissipe légèrement et enfin, ils apparaissent, telle une armée de fantômes vengeurs et terribles. Ils sont une trentaine, en cuirasses sombres et parfaitement alignés. Ils avancent presque au ralenti mais avec force et puissance. Je suis si impressionnée que j’en oublie mes yeux rouges et ma respiration sifflante. Et puis une chose incroyable se produit. Derrière moi, une bande d’étudiants surgissent et se mettent à jeter toutes sortes de projectiles. J’ai à peine le temps de me retourner pour comprendre que je me trouve exactement au centre de l’action, et puis je le vois arriver droit sur moi, ce pavé lourd et gris qui me laissera cette cicatrice que je tenterai de camoufler toute ma vie en portant une frange fournie.
Je me suis évanouie. Je me souviens seulement qu’à mon réveil, la clameur étudiante semble s’éloigner. Une sensation humide et chaude sur le front et un homme casqué qui me regarde. Je lui souris. Il est penché sur moi, il me regarde sans rien dire. Mon soldat des ténèbres me prend alors dans ses bras et me soulève. Je continue de le regarder sans rien dire. Je n’ai pas peur. Nous marchons ainsi jusqu’à ce qu’une ambulance s’arrête à notre hauteur. Deux infirmiers sortent du véhicule et m’embarquent jusqu’à l’hôpital St Antoine, sirène hurlante.
Les événements de mai 68 me laissent une petite cicatrice sur le front et un grand trou dans le cœur. En effet, quelques jours plus tard, le regard de cet homme ne cesse de me hanter. Je suis amoureuse et je ne sais rien de lui. Enfin presque rien. Je connais seulement son métier. Il est CRS.
Une semaine après ma rencontre fracassante je suis de toutes les manifestations, non par conviction politique mais avec le secret espoir de le retrouver. Je n’ai vu que ces yeux et les hommes portent le même uniforme de combat, aussi les chances pour que je puisse l‘identifier sont minces. Alors c’est lui qui me reconnait. Il est 20h00 et les derniers manifestants, épuisés, se barricadent à l’intérieur de la Sorbonne en criant des slogans injurieux pour les bataillons de CRS qui prennent position sur la place Saint Michel. Je suis devant la fontaine et je les observe attentivement, un par un, tentant de reconnaître mon héros masqué. J’entends enfin derrière moi une voix chaude et virile. Je sais que c’est lui.
-« Bonjour ! Comment allez-vous ? » Je fais face à l’homme qui me parle et le cœur battant, je reconnais le regard sombre et puissant qui m’a tant bouleversée. Incapable de prononcer le moindre mot, je le laisse s’emparer de mes mains tremblantes. Il les serre avec force. Longtemps. Il me regarde avec la même intensité que la première fois et je comprends que ma vie lui appartient à tout jamais. C’est aussi simple que ça. Nous allons prendre un verre le soir même dans le quartier du palais Royal. Cette première sortie ne fait que confirmer ce que je soupçonne déjà. Cet amour m’a foudroyée mais je ne suis pas seule dans cette histoire. Il m’avoue qu’il n’a eu de cesse de me chercher durant les jours qui ont suivi notre première rencontre. Nous nous voyons presque chaque soir de la semaine et le 25 mai, soit exactement 10 jours avant la date de mon mariage avec Bernard, je décide de rompre mes fiançailles et abandonne ma pension de famille pour une petite chambre de bonne du 16ème arrondissement.
Nous y vécûmes heureux. Cela semble naïf de dire cela. Pourtant, même aujourd’hui, tandis que ma main tremblante trace les lettres de ce mot, je n’en trouve pas de plus juste. Mon bonheur était parfait. Absolu et simple. Et beau. Et il dura 62 jours…
N’es tu pas encore fatigué de mes histoires ? Veux-tu te faire une tasse de thé ? Vois-tu, cher inconnu, je ne sais si tu désires vraiment entendre la suite. J’aurais tant aimé, moi aussi, terminer mon récit de trois points de suspension évocateurs, riches de bonheurs à venir. Mais voilà ! Le destin, Dieu ou le diable en auront décidé autrement… Alors courage, fier lecteur, parce qu’il te faut bien comprendre maintenant pourquoi mon corps repose ainsi sans vie dans cette maison qui n’est pas mienne…
Je me suis réveillée un matin et il n’était plus là. Antoine était parti. Dans la penderie des cintres vides, sa brosse à dent envolée, son rasoir, son peigne en écaille, tout avait disparu.
Lorsque j’avais rompu mes fiançailles avec Bernard, mon père et ma mère étaient venus me voir à Paris. Ils tentèrent par tous les moyens de me faire changer d’avis et rentrèrent sur Lille 24h plus tard. Mon père me renia sur 10 générations. Ainsi je redevenais une femme libre de tout engagement et mon nouveau statut d’orpheline m’importait alors peu. Antoine me retrouvait presque chaque nuit dans ma chambre de poupée, comme il aimait à l’appeler, tant elle était exiguë. Nous apprenions à nous connaître au fil des longues conversations que nous avions jusqu'à une heure parfois avancée. Ce que nous apprenions l’un de l’autre nous plaisait et nous étions souvent émus de tant d’évidence dans nos sentiments. Antoine était un homme simple. Breton d’origine, il avait passé le concours de gardien de la paix et avait choisi le corps de la compagnie républicaine de sécurité -pour l’action- disait il. Et pour l’action, il était servi. Le soulèvement populaire qui avait éclaté au mois de mai avait perduré de façon sporadique durant tout l’été.
Ce soir là, ce dernier soir que nous devions passer ensemble, il m’emmena dîner dans une brasserie du côté de Montparnasse et nous étions rentrés en marchant main dans la main jusqu’à ma chambre. En passant devant les boîtes aux lettres de l’immeuble, il me fit remarquer de bien penser à relever mon courrier le lendemain matin : « Au moins, la poste fonctionne toujours, faut bien leur reconnaître ça… ».
Je me suis souvenue de cette remarque et me suis précipitée sur la boite aux lettres. Peut être m’avait il laissé un mot d’explication, une lettre, un billet de train… Mais la boite ne contenait rien. Je remontais chez moi, hébétée, cherchant à comprendre, à donner un sens à sa disparition.
J’attendais quelques heures, prostrée sur mon lit. J’attendais. Mais rien ni personne ne se présenta. Vers midi je décidais de me rendre à la caserne. En passant devant la boite aux lettres, je vérifiais à nouveau. Elle restait désespérément vide.
Je ne connaissais aucun des collègues d’Antoine. A cette époque, les mœurs n’étaient pas aussi permissives et nous tenions notre idylle au secret du monde. Lorsque je me présentais devant l’officier, tremblante et hagarde, et lui demandais de parler au brigadier Cozanet, il eut un instant d’hésitation et me demanda de décliner mon identité. Je lui répondis d’une faible voix : « Je suis sa fiancée ». Il plissa les yeux et eut un drôle de sourire. « Hé les gars ! Ya la fiancée de Cozanet qui demande après lui ! » En quelques secondes, une dizaine de CRS me faisaient face et tous avaient ce même drôle de sourire et les yeux plissés. Un homme assez corpulent à l’odeur de friture s’avança vers moi. Il me parla doucement, sans crier, mais le ton était assez fort pour que l’ensemble de ces collègues puissent entendre ce qu’il me disait : « Antoine nous avait prévenu que vous chercheriez sans doute après lui. Il nous a expliqué la situation. Faut le laisser ma petite demoiselle. Il va se marier et pas avec vous. Faudra bien que ça vous rentre dans le crâne. Alors maintenant, si vraiment vous vous sentez seule, ben on est queqz’uns à bien vouloir vous donner du bon temps… »
Je suis partie en courant. Je ne pouvais pas croire ce que j’avais entendu. Antoine allait se marier ! Mon Antoine ! Mon Amour ! Avec une autre femme ! Je me suis arrêtée de courir au bout de 10 minutes pour m’asseoir sur un banc. Et j’ai pleuré. Pendant des heures. J’étais incapable de faire autre chose que de laisser mes larmes couler le long de mes joues. En cette après midi orageuse de cette fin de mois de Juillet 1968, seule sur ce banc, le visage baigné de tristesse, mon cœur noirci se crispait de cette douleur lancinante qui jamais ne me quitta tout à fait...
Je finissais tout de même par me lever. Il était déjà tard et je retournais pour la dernière fois chez moi. Dans la pénombre du crépuscule naissant, sans allumer la lumière, je pris ma valise et la remplie des quelques affaires rangées dans mon placard. En passant devant la boite aux lettres, j’arrachais le carton gris indiquant mon nom et le déchirais en petits morceaux.
J’ai fui Paris et tous mes souvenirs. Je suis partie pour Liège, parce que je ne savais pas ou aller et que là ou ailleurs, cela n’avait pas vraiment d’importance. A mon arrivée, j’ai loué un petit meublé dans le centre ville et ai trouvé au bout de trois jours un emploi de couturière dans une usine de textile. On a coutume de dire que la tristesse pue. La mienne devait sentir si fort qu’aucune de mes collègues n’osaient s’approcher de moi. Pendant trois mois je suis allée chaque matin dans cette usine pour y travailler 9 heures durant, sans parler à personne. Cela aurait pu durer ainsi pendant des années. Mais un matin de novembre, tandis que je sortais de chez moi emmitouflée dans mon manteau de laine élimé, j’eu un malaise et me retrouvais sur le trottoir, sans connaissance. Conduite Par une voisine dans un dispensaire tout proche on m’annonça que j’attendais un enfant. Cette nouvelle me foudroya. Comment n’avais-je pas pu m’en rendre compte ? J’étais restée si concentrée sur ma douleur que je n’avais pas vu mon ventre s’arrondir et ne m’étais pas inquiétée de ne plus avoir mes règles. A présent, ce bébé était une réalité et il fallait que je compose avec une situation déplorable : célibataire, sans famille et gagnant à peine ma vie. Et puis étonnamment, au fil des semaines, ce bébé finit par devenir une nouvelle raison de vivre. Le printemps arriva, j’étais presque à terme et presque heureuse. Une pointe de mélancolie parfois voilait mon regard quelques instants, mais une caresse sur mon ventre tendu en effaçait miraculeusement toute trace. Mon Dieu ! Comme j’allais aimer ce bébé ! Et même si c’était Antoine que je faisais vivre à travers lui, j’acceptais cette procuration avec bonheur, puisque qu’une partie de lui grandissait en moi.
Je devais accoucher à la fin avril. Je sentis les premières contractions le 15. Je fus admise à l’hôpital le matin du 16. Le 18, j’étais toujours en travail, épuisée, à bout de force. A 22 heures je mis au monde un petit garçon qui ne cria pas. Jamais. L’enfant était mort né.
Je ne pus me relever de cette nouvelle épreuve. Plongée dans une profonde léthargie, je fus internée dans un hôpital psychiatrique. J’y dormis durant trois années d’un sommeil médicamenteux. A ma sortie je trouvais une place de femme de service dans une famille bourgeoise de la ville et y travaillais pendant 10 ans. Puis je rencontrais Pierre, un peintre en bâtiment qui me fit une cour mollassonne pendant 3mois et que j’épousais sans amour au bout de 6. Je m’étais mariée dans l’espoir d’être à nouveau mère et au bout de deux ans de tentatives ratées je décidais d’aller consulter un gynécologue. Il m’apprit que mon premier accouchement m’avait rendu définitivement stérile. Mon mari demanda le divorce un an plus tard. J’avais 36 ans, j’étais à nouveau seule et ce fut au Balto, un bar tabac de ma rue, que chaque soir je noyais ma mélancolie dans des nimbes alcoolisés. Sans travail, vivant des maigres prestations que m’octroyaient les services sociaux Liégeois, je ramenais chez moi de temps à autre quelques habitués du Balto moyennant un petit billet. Et puis cela devint de plus en plus fréquent et cette prostitution occasionnelle se transforma en racolage organisé.
Le 20 octobre 1994, aux alentours de 23h30, je tuais un homme. Un client aux tendances sadiques qui m’avait emmené sur un parking pour me cogner. J’étais ivre. Je ne me rappelle plus vraiment. Il était sorti de la voiture pour uriner, je me suis installée au volant et voilà. L’homme était mort écrabouillé contre ce mur, le pantalon sur les chaussettes. La police nous a retrouvé le lendemain matin, moi ronflant sur l’air bag du volant et lui, écrabouillé contre ce mur. J’ai pris 15 ans.
Je suis sortie hier matin de prison. Ne sachant pas où aller, j’ai pris un train pour Paris et je me suis promenée dans les rues, un peu au hasard… Je me suis retrouvée place de la Nation. Un cortège d’enseignants manifestait contre des réductions d’effectifs. C’est là que je l’ai vu. Posté entre deux camions de CRS, il discutait avec un collègue, le casque à la main. Il regarda dans ma direction et son regard glissa sur moi comme une gifle. Je quittais la place de la Nation et appelait les renseignements d’une cabine téléphonique. J’appris qu’il habitait à Colombes, une banlieue proche de Paris.
Je me suis postée ce matin devant sa maison et je l’ai vu en sortir vers 09h00. Comme il ne referme pas la porte à clé, j’y entre quelques instants après son départ. La maison semble vide. J’en fais rapidement le tour. Aucun signe d’une présence féminine, Antoine semble vivre seul. Je pénètre dans un petit bureau attenant à la cuisine. Une table, un fauteuil, un ordinateur et sur le mur du fond une bibliothèque. Entre deux livres, un objet insolite attire mon attention : Il s’agit d’une pierre taillée de couleur grise. En m’approchant de plus près je remarque une inscription : MAI 68. Il s’agit d’un pavé. Un pavé identique à celui qui m’a frappé 40 ans plus tôt. Je m’en empare et pour une raison que j’ignore, Antoine est là, devant moi, il me regarde, incrédule. Il n’a pas le temps de crier. Le coup que je lui porte est d’une telle force qu’il s’effondre, sans vie. Je regarde le pavé sanguinolent et ne sachant quoi en faire, je le replace délicatement entre les deux livres. C’est à ce moment que je la vois. Cachée sous la pierre elle est légèrement jaunie par le temps. Je la décachète et découvre son contenu. La veille du départ d’Antoine la poste avait décidé de rallier le mouvement estudiantin. Sur l’enveloppe, un avis de non remise et un retour à l’envoyeur. Voilà mon ami. Tu trouveras le corps du seul homme que je n’ai jamais aimé dans le petit bureau attenant à la cuisine. Il est temps pour moi de le rejoindre et les quelques pilules que je garde dans mon sac à main m’y aideront sans doute. Adieu.
Contenu de la lettre trouvée sous le pavé :
Ma petite Mimie ;
Comme tu as pu le constater ce matin, j’ai pris mes affaires et je suis parti. Il y a une chose que je dois faire et dont je n’ai pas eu le courage de te parler encore : Avant de te rencontrer j’étais fiancé avec une autre. Elle habite Saint Brieuc et je lui ai envoyée une longue lettre il y a quelques semaines dans laquelle je lui explique tout. Enfin toi... Mais hier elle m’a téléphoné à la caserne et elle à l’air de vouloir faire du scandale. Mais ne t‘inquiètes pas, j’ai prévenu les gars : Si elle débarque, ils lui ficheront la trouille (je leur ai dit pour nous deux !). En attendant, je pars pour Saint Brieuc et je vais tenter de régler ça avec elle et sa famille. Je veux me marier avec toi et te faire tout plein d’enfants alors fais moi confiance et attends moi sagement. Je reviens dans trois jours.
Ton Antoine qui t’aime.
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